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Les potences de Jean Duino

Partition détaillée avec accompagnement guitare, mélodie et texte.

Texte et musique de Jean Duino - Editions BeDooWap

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LES POTENCES


C’est pas à l’orée de Clamart
Ni dans la forêt de Sénart
Que l’on rencontre ces potences,
Mais elles boisent nos régions
Des Maures jusqu’au Luberon,
On en trouve encore en Provence.

Si tu songeais, brave estivant,
Plutôt que de hâler au vent
Ton embouligue ridicule,
Qu’il est des bouffées de chaleur,
Des étés brûlants de malheur
Lorsque frappe la canicule.

Si tu m’accordais un instant,
Juste quelques couplets, le temps
Que je raconte le récit de
La sinistre disparition
D’une pinède, l’extinction,
L’histoire d’un arboricide.

Une étincelle et le feu prend,
Voici Vulcain se découvrant
Une voracité subite,
Pendant que son souffle maudit
Embrase les bosquets, tandis
Que les troncs craquent et crépitent.

Je connaissais le feu grégeois,
J’avais bien vu des feux de joie,
Vu tirer des feux d’artifice ;
Cette fois, loin de m’extasier,
Devant l’ampleur d’un tel brasier
Je pressentais le sacrifice.

Quand les hommes sont arrivés,
Les flammes brûlaient le pavé
Et le mal n’était plus à faire ;
Lors, au plus fort de l’incendie,
Dans la fumée on entendit
Les voix de tous ces conifères :


« Frères humains, protégez-nous,
Déjà le drame se dénoue,
Déjà la bête nous enfume,
Cette eau qui s’épand sur nos corps
Nous transit du froid de la mort,
Nous buvons l’eau de l’amertume ».

Hélas ! quand le dernier assaut
Fut donné, que le dernier seau
D’eau terrassa cette tarasque,
Le bois n’avait pas fait long feu,
Triste pointait vers le ciel bleu
Comme une apparition fantasque.

Un spectre noir aux bras fumants
Se dressait nu, sans vêtements,
A la fois lugubre et sublime,
Lâchait un râle guttural
Sur le spectacle sépulcral
Qu’il voyait du haut de sa cime.

Rescapé de l’âtre ennemi,
La vue des autres pins le mit
Dans une humeur atrabilaire
Et de ses branches calcinées
Il semblait avoir dessiné
Un instrument patibulaire.

Et tu diras, brave étranger,
En sortant ton garde-manger
Sous les derniers pins maritimes
Qu’il est impossible aujourd’hui
De bien camper dans le Midi,
L’ombrage s’y fait rarissime.

D’ailleurs, comment voulez-vous donc
Profiter sous ces arbres-troncs,
Sans leurs parures végétales ?
Par bonheur, été comme hiver,
Il nous en reste de plus verts
Tout autour de la Capitale.

C’est vrai, ce n’est pas à Clamart
Ni dans la forêt de Sénart
Que l’on rencontre ces potences,
Mais elles boisent nos régions
Des Maures jusqu’au Luberon,
On en trouve encore en Provence.

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